dimanche 15 juillet 2012

Venise, la nuit, lueur rouge...

" Marcher dehors, la nuit, sous le ciel silencieux, le long d'un cours d'eau qui coule tranquillement, est toujours une chose pleine de mystère et remue les profondeurs de l'âme."
H.Hesse




jeudi 12 juillet 2012

Venise matinale

Venise... labyrinthe enchanté où je me suis perdu avec délice et d'où je n'ai jamais pu sortir...
Henri de Régnier










En poursuivant ma promenade matinale, je rêvais déjà à un petit déjeuner sur le campo Zanipolo chez Rosa Salva ! Le campo SS Giovanni e Paolo sommeillait encore, toutes les terrasses étaient fermées. Et bien tant pis, n'y pensons plus, continuons notre tour dans le quartier, par la calle de le Erbe. Près du pont et du rio de la Panada, en levant la tête pour regarder l'aurore et le petit angelot, ce joli putto portant au dessus de sa tête bouclée,  un globe, j'avais la nette impression qu'il voulait jouer avec moi et me lancer son ballon. Plus bas le long du rio, le jour commençait à pointer son nez dans le jardin de cette belle demeure, proche du Palazzo
Van Axel. Allongeons la boucle et continuons par le campo S.Marina. Enfin une boutique ouverte, la pasticceria me donne l'occasion de prendre un bon cappucino et un excellent croissant.
Andiamo, nous continuons par la calle Scaleta et par le pont M.Polo, un coup d'oeil sur la porte d'eau avec son trio de gamins, donnant sur le rio S.Lio et le sotoportego en bas des marches nous appelle déjà. La corte 2 del Milion s'éveille à peine...
En réalité la demeure de la famille Polo fut détruite lors d'un incendie. Elle se situait sur l'emplacement de l'actuel théâtre Malibran, juste derrière le sotoportego. Les photos représentent la Maison alléguée de Marco Polo.

mercredi 11 juillet 2012

Un matin couleur pétales de rose...

 " Même si on y a déjà vécu, les premières heures à Venise sont un temps d'amour. Un plaisir sans raison et sans dessein me lance, comme une balle, d'objet en objet ; mais la balle est sur l'eau : elle vole et elle glisse. Le clapotis des vagues, le pas de la gondole, l'appel du gondolier sur la lagune, le silence et la fleur de clarté, tout concourt au mirage nuptial : c'est la joie d'amour elle-même, de l'amour sans jugement, que rien ne déçoit et qui se croit sans limite. Au matin, tout est bleu de lait, bleu de lin, et pétales de rose. Il n'est point de ville plus fleur que celle-ci." André Suarès 


Fondamenta del Piovan et ponte, rio de Ca'Widmann, sotoportego del Magazen


Lumière rosée sur l'église et le rio dei Miracoli

Ponte Widmann, Palazzo Widmann, sotoportego del Magazen



Belle enfilade de ponti : Widmann, Pasqualigo, Noris...

Pont de la Nostalgie 

Je vais vous laisser profiter tranquillement de la suite de la promenade, nous entrons dans l'univers cher à Hugo Pratt et Corto Maltese ... " Ces deux placettes, reliées par une ruelle cachée, appelée  Passage Etroit de la Nostalgie, constituaient le centre fabuleux où venaient se fondre deux mondes secrets..." (Fable de Venise).

mardi 10 juillet 2012

Première promenade matinale ... : le panier

" ...Un arc-en-ciel destiné à ouvrir tout de suite les portes du paradis *, où l'on vient admirer, sculptés dans un marbre blanc comme le sel, des petits dieux marins et des sirènes écailleuses **... "
* Henri de Régnier,  Esquisses vénitiennes, 1906
** François de Crécy, Venise, 2001








Premier matin, première image : juste quelques marches à gravir et voici la première lumière rose qui jaillit 
depuis le petit pont qui donne sur la merveilleuse chiesa Santa Maria  dei Miracoli, l'église des Miracles, oeuvre de Pietro Lombardo, le palais Dario est de lui aussi.

J'ai lu ce passage dans Le piéton de Venise de Marc Alyn, il lui semble évident que  Marcel Proust songeait aux Miracoli lorsqu'il écrivait dans La Fugitive : " Parfois apparaissait un monument plus beau qui se trouvait là comme une surprise dans une boîte que nous viendrions d'ouvrir, un petit temple d'ivoire un peu dépaysé parmi ces choses usuelles au milieu desquelles il traînait." Marc Alyn parle de coffret de Santal et il dit que Dieu s'y cache pour s'endormir comme un chat !

Après avoir profité quelques longues minutes à ce pur bonheur " L'air vénitien, cet air qui a le goût du bonheur..." [ Henri de Régnier ],  j'ai longé l'église et je me suis trouvée devant cette demeure où un petit panier était descendu, peut-être attendait-il lui aussi ses croissants chauds pour être remonté !

lundi 9 juillet 2012

Premier matin sur le campo...

... " Pourquoi, dès que je respire l'air vénitien, éprouvé-je ce plaisir à vivre où les actes les plus insignifiants et les pensées les plus quotidiennes prennent une valeur particulière, un sens exceptionnel et me communiquent un bien-être inaccoutumé ? Pourquoi m'y sens-je si intimement adapté aux choses, si près d'elles et si à elles, en une sorte de convenance profonde ? "
Henri de Régnier, l'Altana ou la vie vénitienne





Mon dernier séjour était court. Je savais qu'il fallait que je me lève tôt et que je me couche tard pour profiter pleinement de ces quelques jours.
Je l'ai fait. Le premier matin après une bonne tasse de thé, je suis descendue sur le campo, espérant profiter de la douceur matinale pour boire mon premier cappucino accompagné d'un bon croissant chaud !
Zut ! Chiuso !!! Je me suis décidément levée très tôt !
Bon ce n'est pas grave je vais poursuivre ma balade et profiter de cette belle journée....

samedi 7 juillet 2012

Campiello S.Maria Nova...




Nous allons abandonner un moment les douceurs des jardins de Cannaregio, pour revenir où j'avais élu domicile pendant ces quelques jours... Mais comme vous pouvez le constater encore, si on se lève tôt, tout est très tranquille et j'ai pris mon petit-déjeuner (enfin le 2e) seule sur le campo.


La sculpture de " l'Homo Silvanus " ...
" Un souvenir du Dieu des forêts de la Rome antique


À quelques pas de l'église des Miracoli, une sculpture très particulière se détache sur la façade du palazzo Bembo-Boldù. On voit un homme, grandeur nature, qui tient un bouclier rond où figure un soleil. Couvert de poils, il est une très rare représentation de l'Homo Sivanus, l'Homme des Bois.
Celui-ci correspond à l'Homme primitif antérieur à Adam, à celui qui ne connaît pas le pêché puisqu'il a vécu aux premiers âges du monde et vraisemblablement dans les forêts lointaines. 
Si symboliquement il est une figure naïve, pleine de bons sentiments et le transfuge d'un monde rempli de fausseté, de mensonge et de cruauté (dont il peut lui-même être victime), il peut également porter en lui la face obscure et violente de la personnalité de chacun, symbole d'une perversion psychologique et sexuelle, dont l'équivalent chrétien est la figure du satyre.
Ici même, il symbolise l'idéalisation de l'Homme primordial, expression du Soleil nourrisseur, l'Astre-roi source de vie de la nature humaine à l'état de pureté " sauvage ", comme elle l'était au début du Genre Humain, dans le jardin d' Eden (Paradis originel).... [page 185 du guide Jonglez Venise Insolite et secrète].





Le banc sur le campo vous attend pour une pause et de là vous pourrez apercevoir au loin la statue sur la façade du palais, sauf si ce week-end là, il y a la brocante, en attendant je vous en souhaite un, excellent et si possible ensoleillé !

jeudi 5 juillet 2012

En flânant le long du rio ...

" Venise ne s'impose pas, elle se prête. Contentez-vous d'être heureux des beautés qu'elle vous propose..."
Henri de Régnier 




  





En sortant du lieu où j'ai pu prendre ces quelques images, j'ai levé le nez et j'ai aperçu ce haut-relief de San Martino donnant un morceau de son manteau...



Entre les visites des deux  jardins, et en longeant toujours la fondamenta Gasparo Contarini et le rio de la Madona dell'Orto, j'ai fait quelques images du Palazzo Mastelli.


J'avoue que je le trouve triste, n'ayant pas l'attrait de la couleur comme beaucoup d'autres, j'ai profité  de la lumière qui l'éclairait un peu sans l'assombrir et  de l'opportunité d'une porte ouverte  pour le recul.

Un petit passage dans  Venise avec Corto Maltese © guides Jonglez ...
Au pays des Maures... nous voyons refléter dans le canal le palais Mastelli, dit palazzo del Cammello
à cause du bas-relief sculpté sur la façade. C'était la maison des trois frères Mastelli : Rioba, Afani et Sandi. Arrivés en 1112 du pays des Maures, ils implantèrent ici le siège de leur commerce. 
L'endroit prit le nom de Fondaco degli Arabi.
Ce palais du XVe siècle est décoré d'une frise byzantine à sa base ; le balcon d'angle, à gauche, comporte un autel romain en guise de colonne, mais son caractère oriental lui est donné par la petite fontaine de style arabe qui se trouve à droite de la façade. (malheureusement une grosse barque me cachait la vue).
©photo frantz degermain 

                                détails du palazzo  del Cammello source www.frantz.degermain.fr


 Campo dei Mori où l'on peut voir les trois statues du XIIIe siècles, situées contre les façades des maisons du campo ; la quatrième statue qui se trouve un peu plus loin sur la fondamenta, près de la maison du Tintoret,  serait celle de leur fidèle serviteur, celui qui se trouve sur le bas-relief avec le chameau, ferait référence à l'activité commerciale de la famille, le négoce des épices.
Ces marchands ayant fui la Morée (Péloponnèse) à cause des guerres civiles, étaient arrivés à Venise en 1112, où on leur avait donné le nom de Mastelli, car, selon les chroniques, "ils possédaient des milliers de baquets (mastelli) remplis de sequins d'or". 
(sources guides Gallimard et Jonglez)

mardi 3 juillet 2012

Corte Cavallo




     Parmi les outils soigneusement nettoyés, alignés sur une table en bois près de la fenêtre que le soleil d'hiver commençait à éclairer, le maître a choisi l'une des plus lourdes masses, l'a soupesée un instant, puis d'un geste violent et précis l'a abattue sur la tête de la statue. En entendant le choc, l'assistant s'est retourné et a hurlé.
      - Non !
     Sans un regard pour l'immense cheval décapité ni pour l'assistant qui s'est agenouillé et contemple avec désolation les morceaux d'argile éparpillés, le maître a quitté l'atelier... 
( extrait de Nouvelles vénitiennes - Dominique Paravel)



[...] Des jours et des jours de voyage et au terme Venise l'avait reçu dans sa lumière inouïe, une ville sans aucune ligne droite, où la perspective est sans cesse faussée, fantasmée, un coquillage spiralé au fond d'une lagune compliquée qui est sa seule défense, une île multipliée d'îles, ceinturée d'eau et de solitude. [...]
...  Le modèle avait été transporté dans un atelier proche de la Madonna dell'Orto, au ras d'un canal où passaient sans relâche les barques des pêcheurs et des maraîchers. On lui avait adjoint comme assistant un modeste artiste de la ville, Alessandro Leopardi, à qui l'arrivée du cheval gigantesque et la présence massive et muette d'Andrea avait coupé le souffle. La réalisation d'une statue équestre de trois mètres de haut était à ses yeux une folie digne des Toscans, atteints par nature de mégalomanie.
(extraits de Nouvelles vénitiennes - Dominique Paravel)




En sortant du Palazzo Rizzo-Patarol, la petite corte del Cavallo attire le regard , elle est charmante et c'est un puits de couleurs !

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Corte Cavallo : la cour où l'on fondit le monument équestre de Bartolomeo Colleoni ...
Le nom de la corte Cavallo dérive de la fonderie où fut réalisé le célèbre monument équestre de Bartolomeo Colleoni qui se dresse sur le Campo Santi Giovanni e Paolo. C'est le Florentin Andrea Verrocchio, maître de Leonard de Vinci, qui modela la statue en cire, mais il mourut avant d'achever son oeuvre. La fonte fut ensuite confiée à Alessandro Leopardi - qui ajouta le piédestal - surnommé Alessandro del Cavallo ["Alexandre du Cheval"]. La cour où il habitait fut affublée du même surnom : au numéro 3494, on peut encore voir les vestiges du palais Leopardi, incorporés aujourd'hui dans une aile de l'hôtel des Doges.
On raconte que Verrocchio, homme fort irascible, était connu pour le ton mordant de ses réponses. Ayant appris qu'un certain Vellano da Padova avait été chargé de réaliser le visage du cavalier, il piqua une telle colère qu'il décapita le modèle de son cheval et regagna aussitôt Florence. La République Sérénissime menaça de le condamner à mort, mais il répliqua en ces termes : " Ce serait vraiment dommage, puisque je pourrais refaire une tête d'une meilleure facture à mon cheval." 
La Sérénissime fut sensible à un tel sang-froid ; elle doubla la rétribution du sculpteur et le rappela pour qu'il achève son oeuvre. Venise Insolite et Secrète©Jonglez