Affichage des articles dont le libellé est REPORTAGES. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est REPORTAGES. Afficher tous les articles

dimanche 19 novembre 2017

Muriel Balensi, rencontre à Murano dans son atelier

MURANO
Nous y sommes presque,  le chemin est à suivre en photos...
Vous voyez comme nous sommes tranquilles loin de la foule, c'est chouette !
Déjà heureuses du moment que nous allons passées avec Muriel Balensi 

Chiesa Santi Maria E. San Donato

Fondamenta Lorenzo Radi ...

C'est presque au bout ...

 Tosca va vous raconter son histoire à travers ses photos, 
je vais essayer de légender toutes ses impressions ...

Détail du sommet de l'oeuvre : La Chimère 

Quelques détails de la Chimère, 

Pleins feux sur la Chimère...

Des petits cadeaux à offrir ou à s'offrir...


La Chimère presque en entier, reflets de Muriel dans le miroir ...

pièce unique !


Sautoir ou collier ? 


Des petits coeurs à prendre ...

Le flacon obsession ! Tosca en a fait des dizaines de clichés ...

Parure d'Ange aux tons d'azur ...

La beauté des tons améthystes...


Des petits trésors à découvrir...


Futur projet ...

Et un autre aux sirènes ...

Composition ...


ou peut-être aimerez-vous  ces tons anisés ou Véronèse...

ou celle-ci qui vous raconte le bel univers de Muriel...

Ambiance chaleureuse ...

Obsession toujours...





et si l'envie vous dit voici le panorama au bout de la fondamenta Lorenzo Radi ... 
Mais il faudra revenir sur vos pas pour repartir à moins que vous ayez un petit bateau, comme celui accosté près de maison rose   !!! 


Toutes les photos de ce billet sont de Tosca, ma petite-fille qui a 11 ans.
C'était notre première journée à Venise, et elle désirait aller voir notre amie Muriel Balensi, mais il ne fallait pas que je dise qu'elle était avec moi. Tosca voulait faire la surprise de son retour à Venise après 3 ans d'absence.

Elle dégaine son appareil plus vite que son ombre, toujours l'oeil dans le viseur, rien ne lui échappe !
J'avoue que j'avais l'embarras du choix pour composer ce billet. J'espère que ces images exprimeront tout ce qu'elle ressent lorsqu'elle se retrouve dans un lieu où elle apprécie au plus haut point le privilège de pouvoir y pénétrer et d'y être reçue comme une grande personne !

Merci à toi Carissima Muriel pour ce moment magique passé avec toi et bien sûr tous les autres...


Muriel BALENSI 
Fondamenta Lorenzo Radi, 24
MURANO 
RDV 39.347.47.54.187


Si vous voulez revoir un petit reportage de Tosca lorsqu'elle avait 8 ans, voici le lien :
http://venetiamicio.blogspot.fr/2014/08/muriel-balensi-rendez-vous-murano.html


lundi 10 septembre 2012

Leçon d'archi-lecture : la Nuova Manica Lunga


Silence...Depuis la grande salle de lecture, on accède à l'intimité des cellules de moines où chacun peut s'isoler par un jeu subtil de panneaux dissimulés dans l'épaisseur des cadres.
( source : Article vu p.12 du dernier Côté Sud, accent portfolio, par Cécile Vaiarelli)


©photos Bernard Touillon pour Côté Sud


À Venise, la Nuova Manica Lunga, bibliothèque de la fondation Giorgio Cini, réinterprétée par l'architecte designer Michele De Lucchi, s'étire sur la lagune. Images d'un bel ouvrage...

  
Leçon d'architecture
Bernard Touillon
De B comme Bacon à V comme Vivaldi, sur l'île de San Giorgio Maggiore, face à la place Saint-Marc, plus de 300 000 volumes, un fonds multimédia, des trésors, manuscrits et partitions... s'animent ou sommeillent selon l'heure. L'ambiance est feutrée. Le dortoir et les cellules du monastère du xve siècle rappellent que le silence est d'or. Indéfiniment longue, une salle de lecture où structures de métal et bois blond dessinent une scénographie grandiose. Secrètement confidentielles, des cellules de moines tapissées de livres.
Bernard Touillon
Silence...
Bernard Touillon
À Venise, lecture et démesure s'accordent dans la bibliothèque de la fondation Giorgio Cini. Sur près de 130 m de long, l'ancien dortoir du cloître bénédictin vit une deuxième vie, dessiné par l'architecte Michele De Lucchi. Les caissons de métal coiffés de lampes Led, Guzzini, s'étirent à l'infini sous les voûtes.
Déployée sur 128 mètres de long, 56 cellules et 1 400 mètres linéaires d'étagères, la bibliothèque est un extraordinaire instrument d'étude et de recherche dans les domaines de l'histoire de l'art, des lettres, de la musique et du théâtre. Et, oh, surprise ! elle est ouverte à tous. Le défi de rendre accessible et fonctionnel cet espace hors norme a été confié à l'architecte Michele De Lucchi. "La Manica Lunga est l'un des plus beaux lieux que je connaisse", dit-il.
Bernard Touillon
Bernard Touillon
L'humanisme ascétique du designer s'accorde pleinement à l'unité bienveillante qu'il s'agit de faire rejaillir de ces lieux nimbés de paix. On y pénètre par le parvis de la basilique San Giorgio Maggiore et le cloître signés Palladio ; et c'est déjà en soi un voyage. On dépasse le réfectoire bénédictin tapissé d'une splendide marqueterie de bois signée Michele De Lucchi et là, stupeur ! une re-création des Noces de Cana de Paolo Veronese, plus vraie que nature, resplendit dans son écrin d'origine.
Dans la bibliothèque, d'étroites passerelles en métal s'élancent vers les voûtes. Les lampes Tolomeo (Artemide) et les chaises en hêtre naturel offrent leurs courbes élégantes au confort des lecteurs. Des jeux de portes imbriquées soulignent et rythment l'accès aux cellules de consultation. Dessinant des rituels de passage, elles donnent un sens aux notions de retraite, d'étude et de silence.
Bernard Touillon
Depuis la grande salle de lecture, on accède à l'intimité des cellules de moines où chacun peut s'isoler par un jeu subtil de panneaux dissimulés dans l'épaisseur des cadres.
Bernard Touillon
Rythme et confort sont scandés par les chaises Sedia en hêtre naturel et les lampes icônes Tolomeo signées Michele De Lucchi.
Bernard Touillon
Rythme et confort sont scandés par les chaises Sedia en hêtre naturel et les lampes icônes Tolomeo signées Michele De Lucchi.
L'architecte dédie sa sensibilité et un sens aigu du détail à ces milliers d'ouvrages qui relatent les splendeurs de Venise, la créativité des biennales d'art, les parcours d'esthètes... qui nourrissent à jamais la vie de la lagune. À la soif de connaissance répondent un équilibre, une modestie et un sens de la mesure inégalés. Un confort visuel et physique qui enveloppe le lecteur sans jamais l'enfermer.
Fondazione Giorgio Cini, Isola di San Giorgio Maggiore, Venezia, www.cini.it
Bibliothèque La Nuova Manica Lunga. Accès gratuit pour tout public. Tél. 00 39 041 271 02 55.
Visite guidée du complexe bénédictin et de l'île, toutes les heures. Tél. 00 39 041 220 12 15.
Dans la basilique San Giorgio Maggiore signée Palladio, les chefs-d'oeuvre de Tintoretto, Bassano, Palma il Giovane... et depuis le campanile, une vue unique sur Venise et la lagune.
Sur le port, du 29 août au 29 novembre, un événement attendu : Carlo Scarpa. Venini 1932-1947, premier volet d'un cycle d'expositions qui, chaque année jusqu'en 2021, dévoilera la richesse des créations d'artistes et designers dans l'histoire de la verrerie Venini.
Sur les quais, une pause en terrasse au Caffé Rosa Salva.
Vaporetto ligne 2, arrêt San Giorgio. Soit 3 minutes depuis San Zaccaria et piazza San Marco.

jeudi 29 mars 2012

Vivre sur la Lagune de Venise *









Libraires, pêcheurs, agriculteurs, vignerons, archéologues, architectes, moines... Ils sont des centaines, des milliers sûrement. Ce sont les amoureux de la lagune. Ils y vivent et en vivent parfois. Ils en parlent aussi, beaucoup. Ils en parlent comme d'un territoire rare. Un territoire d'eau et de terre mêlées, de lumières et de couleurs, un peu en retrait, un peu oublié. En retrait de quoi, oublié de qui ? De Venise et de certains Vénitiens qui se tournent vers la terre, de certains Vénitiens qui ne possèdent plus de bateau, et des touristes qui piétinent Venise, s'y bousculent et n'ont pour unique horizon que la place Saint-Marc.

Si les vaporetti relient quotidiennement la Sérénissime à quelques îles comme le Lido, la Giudecca, San Giorgio, etc., la plus grande partie de la lagune reste inaccessible à ceux qui n'ont pas d'embarcation. Ainsi, l'île de San Francesco del Deserto, qui accueille un magnifique monastère franciscain entouré de cyprès, n'est desservie par aucun vaporetto.

En revanche, chaque matin, au lever du jour, des barques remplies de fruits et de légumes se dirigent vers le marché du Rialto. Et des pêcheurs tentent, avant l'heure, de vendre leurs prises à peine tirées de l'eau. Quant aux îles de Burano et Murano, il est préférable de les aborder à contre-courant, lorsque le dernier vaporetto emporte les hordes de touristes et que la vie locale remet le nez dehors. Les veuves qui papotent, les enfants qui barbotent, les amoureux qui se bécotent. Scènes de dolce vita quotidienne d'une petite ville italienne.

La location d'une péniche, baptisée Pénichette, est le moyen idéal pour partir à la découverte de la vie sur la lagune. Une heure de formation suffit à ceux, dont nous fûmes, qui n'ont jamais été aux commandes d'un bateau. Une heure de formation et la Pénichette s'éloigne lentement de Chioggia, où se trouve la base de location, aussi appelée «petite Venise», une ville de pêcheurs, de canaux, de maisons étroites avec le linge qui pend aux fenêtres. On se croirait dans le sud de l'Italie. On est au sud de la lagune.

Dans sa casone, petite baraque en bois sur pilotis, Enrico a organisé un dîner entre amis. Au menu : les produits de la mer, pris au moyen d'un immense filet manoeuvré par un système complexe de cordes, une méthode de pêche traditionnelle dans la lagune. Egalement, les produits de la terre pour ce festin «lagunaire» : des asperges, des fleurs de courgette, les fameuxcastraure, jeunes artichauts de l'île de Sant'Erasmo, le jardin potager de Venise. Sant'Erasmo est éminemment maraîchère. Depuis peu, elle est en train de devenir vigneronne. Michel Thoulouze, un homme d'affaires français, y a planté 6 hectares de vignes. Avant lui, on prétendait que le vin des îles était salé, le sien est fruité. Le premier grand vin de la lagune a été commercialisé début juin.

En fin de journée, l'île de Sant'Erasmo se vide des quelques rares touristes. Restent les habitants et notre Pénichette amarrée le long du quai. Le soleil se couche sur ces territoires liquides, les maisons colorées de Burano et Venise en toile de fond. Les hérons pêchent dans les roseaux des barene, ces terres sauvages émergées qui sont recouvertes d'eau lorsque les marées sont hautes. Trop hautes. Des siècles d'un équilibre précaire entre la terre et l'eau. Depuis le XIIIe siècle, plusieurs rivières ont été détournées sans quoi la lagune serait devenue une plaine alluviale. Depuis 1966, date d'une terribleacqua alta qui a submergé Venise et les îles de la lagune, d'importants travaux sont conduits par il Magistrato alle acque - qui a en charge, depuis plus de cinq cents ans, la gestion du site - pour tenter de stabiliser ce milieu naturel en sursis. Malgré cela, la lagune est mouvante, la lagune est changeante. Une soixantaine d'îles - difficile d'obtenir un nombre exact - aux destins multiples. Une île refuge, San Lazzaro degli Armeni, qui accueille des prêtres arméniens ; une île hôpital, San Clemente, transformée aujourd'hui en hôtel de luxe ; une île anciennement militaire, la Certosa, métamorphosée en pôle nautique ; l'île des origines, Torcello, où résidaient les premiers habitants de la lagune, remarquable pour les mosaïques de la basilique Santa Maria Asunta, en particulier le Jugement universel, et pour la Locanda Cipriani qu'Hemingway aimait tant ; une île bucolique, Vignole, où les Vénitiens se rendent pour un dimanche à la campagne : quelques restaurants au bord de l'eau, des sardines in saore et du vin blanc très frais.

Il y a également des îles privées, achetées par des millionnaires, des plages sauvages à Alberoni, au sud du Lido, des îles abandonnées - près de la moitié - qui coulent tels des radeaux de terre dans un sol sablonneux. «La lagune absorbe les îles délaissées», nous confie Cristina Giussani, libraire et éditrice.

Pour cette raison, Gerolamo Fazzini, archéologue, a décidé de reprendre en concession Lazzaretto Nuovo, une île grande comme un mouchoir de poche dont les bâtiments étaient utilisés pour mettre en quarantaine les hommes et les marchandises à l'époque où Venise redoutait la peste. Les dessins sur les murs restaurés disent les longues heures passées par ceux qui y vécurent claquemurés. Emouvant. Notre Pénichette s'apprête à quitter Lazzaretto Nuovo, aujourd'hui inhabitée. «Non, cinq chats et deux chiens y vivent», rectifie Gerolamo. Ils sont comme ça, les gens de la lagune, un peu espiègles, un peu poètes aussi, à l'instar de Giampaolo Seguso, le grand maître verrier de Murano. A la question de savoir pourquoi Murano fut le plus important centre de fabrication du verre en Europe, Seguso répond : la lagune, bien sûr. La vase a permis la construction de fours qui conservaient et réfléchissaient bien la chaleur. En outre, les verriers ont cherché à reproduire la lumière et les couleurs uniques de la lagune qui provoquent une émotion que seul le verre est à même d'exprimer. Pratique et esthétique, la lagune. Chiara Donà dalle Rose, la créatrice de la maison Donatus, s'en est également inspirée pour ses somptueux tissus aux couleurs d'aurore, de brouillard, d'orage ou de tempête sur la lagune.

En ce début d'été, point de gros temps, mais le soleil qui donne, en fin de journée, à ce «miroir liquide», si loin, si proche de Venise, des tons rosés, argentés, qui nous ont enchantés. * par Emmanuelle Jardy publié le 31/08/2007 sur le Figaro.


J'ai retrouvé cet article du Figaro, assez ancien, mais qui complète le billet d'hier sur la vie dans la lagune de Venise et j'en ai profité pour reprendre quelques vieilles photos sorties de mes carnets de voyages, pour l'illustrer.