mercredi 18 mai 2011

ANTICHE CARAMPANE

Mais où va-t-elle ? Aucune crainte de vous perdre, ce quartier est le "mien" depuis de
nombreuses années et j'en connais tous les coins et recoins, labyrinthes, tours (qu'elle nous joue la vilaine !) et détours, cachettes ou autres !!!... Un petit indice de jour, c'est plus facile...




Je vous emmène dans un des meilleurs restaurants de Venise (et un des plus discrets)


Antiche Carampane


Voici Francesco et son Papa




photos©VenetiaMicio 2011


©Virginie 2008









Ce sont des Vénitiens qui m'ont fait connaître " Antiche Carampane",

car on n'y arrive pas par hasard ...

Ce fut mon amie Valeria Bellinaso, qui avait autrefois la superbe petite boutique du campo S'Aponal, qui la première m'invita et me fit connaître le lieu.

Puis d'autres ont suivi, Monica qui travaillait à la Ca'Favretto

et enfin Vince (galerie Vence Arte Venezia) avec qui nous allions souvent

pendant sa pause, le midi. A cette époque c'était la Maman de Francesco qui dirigeait

l'établissement avec son frère qui officiait aux fourneaux.

A chacun de mes petits séjours, le mercredi soir, je vais dîner là.

Seule, en famille ou entre amis, j'aime particulièrement cette osteria.

L'accueil est chaleureux, dès que vous êtes installés, pendant que vous consultez

la carte, pour vous mettre en appétit, on vous apporte un petit cornet de friture !

C'est divin !!!

Si vous aimez le poisson, c'est là que vous devez aller,

pour la qualité des plats préparés selon les traditions anciennes de la lagune.

Je ne vous parle pas des desserts (c'est un sacrilège) et la carte des vins est à la hauteur, n'oublions pas que ce lieu est fréquenté par les Vénitiens.

Situé au coeur de Venise, près du Ponte delle Tette,

là, je vous conseille de relire ce que nous dit Venise Insolite et Secrète

ou François de Crécy, personnellement c'est grâce à lui.

Vous trouverez chez Antiche Carampane , un accueil excellent et chaleureux,

et surtout ne vous perdez pas, suivez moi...


mardi 17 mai 2011

VENISE SOUS LA PLUIE





©photo Cleia 2011



©photo Cleia 2011



©photo Cleia 2011


photos prises à la Trattoria S.Basilio

1516 Dorsoduro Calle Del Vento (la bien nommée)

au bout des Zattere













Aujourd'hui, j'ai rendez-vous avec Cleia, nous avions décidé hier soir de nous balader dans Dorsoduro... Mais voilà, il pleut et cela n'a pas l'air de vouloir s'arrêter !

Après avoir traversé le Ponte Storto, je fais une halte sous le sotoportego de la Furatola

et j'appelle mon amie pour voir ce que nous faisons, je regarde l'eau du Rio de S.Aponal qui grimpe terriblement (la photo jointe avait été prise il y a 2 jours) et qui arrive maintenant au ras de la fondamenta. Elle me dit qu'il n'y a pas de Acqua Alta annoncée, grincheuse je lui dis que j'aurais du rester au lit ! Bon nous ne sommes pas en sucre, nous persistons et nous devons nous retrouver comme prévu, Campo S'Barnaba !

En cours de route, la pluie et le vent redoublent et malgré mon grand parapluie, mes habits commencent à être serieusement mouillés. Je m'arrête pour m'acheter un capuchon de fortune

(bon il est kaki et passe un peu inaperçu) et je poursuis mon chemin rapidement.

Cleia m'attend déjà, je l'aperçois de loin, le campo est presque vide !

Espérant que la pluie cesse un peu nous décidons d'attendre à l'abri du Café Rouge "Il Caffè" sur le campo S.Margarita en prenant un chocolat et un cappucino bien chauds.

Il y a beaucoup de monde comme d'habitude, des étudiants, des Vénitiens et même des petits moineaux qui sautillent entre les tables.

Réchauffées et séchées, Cleia a déjà réparé mon capuchon, (je vous avais dit qu'il était "de fortune", il n'a pas fait long feu ! allez une heure à tout casser !) à l'aide de son scotch spécial pour ses appareils photos. Nous décidons de poursuivre jusqu'aux Zaterre et d'aller manger chez mes amis Borghi, à la Trattoria S'Basilio. Moment chaleureux des retrouvailles et accueil sympa, comme toujours, pour mes amis français. Le lieu inspire Cleia qui commence quelques photos pendant que nous attendons nos plats, tout en discutant avec les deux frères et un Vénitien....


La journée ne sera pas un jour-photos, sous nos parapluies, nous reprenons notre déambulation à travers calli e campielli. En traversant à nouveau le camp S.Margarita, Cleia me fait découvrir la corte et le sotoportego del Fontego. Je tente quelques prises, mais le résultat est très délavé et c'est à travers un rideau de pluie que j'essaie de mémoriser le mot qui est affiché sur le mur :

" Attenzione se fate la PiPi ' Rischiate un secchio d'acqua in testa " !!! Grazie, on est déjà bien assez mouillées pour aujourd'hui et quant à faire pipi dans une corte....je pense que c'est adressé aux messieurs ! Avant de traverser le pont nous menant vers le Campo S.Pantalon, nous restons un moment à contempler la demeure abandonnée qui borde le rio, elle semble encore plus délabrée sous cette pluie persistante.

Cleia me parle d'une chocolaterie où nous pourrions boire un bon chocolat chaud. Je crois savoir où elle se trouve, je projette dans ma tête les rues avoisinnantes. La première que j'emprunte est une tentative râtée et je ne vois plus rien qui ressemble au lieu dans ma mémoire. Nous poursuivons notre errance sans but, et finalement en rejoignant le campo S'Tomà, une réminiscence apparaît, nous y sommes, Calle del Campaniel, nous trouvons enfin Ô bonheur,

VizioVirtù Cioccolateria ! Un délice, allez-y une prochaine fois ! Et un petit mot pour mes fidèles

copines qui préfèrent le thé, vous pourrez un peu plus loin vous arrêtez chez VizioVirtù...e altro,

sur le Campiello S'Tomà, juste au bord du rio S'Polo.

Notre balade s'est poursuivie, jusqu'au Campo S. Giacomo da l'Orio, où je devais acheter des couleurs pour Angelo chez notre petit fournisseur habituel.

Bien sûr nous sommes allées faire un tour du côté de S'Boldo et de "ma" corte préférée, juste pour regarder, je vous l'ai dit c'était un jour sans ! Au ponte del Meggio, nous avons repris les petites calli pour rejoindre la station du vaporetto S.Stae où j'ai quitté Cleia et j'ai regagné rapidement ma Casa, juste à côté. Une belle journée d'amitié !

dimanche 15 mai 2011

SIRE SURIÀN

©Catherine Hédouin

©Catherine Hédouin


La pointe acérée d'un cri perce la coque de son sommeil. Il perçoit une fente

lumineuse ténue au raz de ses paupières. Il la regarde de loin. Qui a osé le tirer du pays

de toujours ? Aucune odeur suspecte n'apparait aux alentours. Aucun bruit inconnu.

Les mouettes éraillent le ciel avec insistance. Il éteint les deux lignes et se rendort.

La ville sort peu à peu de la nuit. L'eau frémit d'éclats éphémères. Une barque chargée


de caisses de bouteilles découpe silencieusement la sombre fluidité du canal. Des odeurs

marines remontent à ses narines. Il ne bouge point. Le rythme pressé des talons d'une

femme pianotent un petit pont avant de s'éloigner. Des effluves de jasmin viennent

jusqu'à lui. " Encore une qui rentre en catimini chez elle ! " Il replonge avec délices dans

le pays de toujours.


©Marisol


©Marisol


Une gazelle traverse l'horizon, ses jambes interminables effleurent les volutes de sable,

ses grands cils scintillent, son petit l'attend. Il ne la quitte pas des yeux. La chaleur

danse autour d'elle en vapeurs légères, ses cornes effilées gravent l'espace, une ligne

noire court sur la blondeur de ses flancs. Il reste tapi dans les grandes herbes pour ne

pas l'effrayer. Son odeur lui pique la peau, ses muscles se tendent. Osera-t-il bondir ?


Les premiers rayons de soleil déposent leur miel sur les briques du palais Lion.

L'imposant escalier sort de l'ombre rayant la cour de la blancheur de ses arcades.

Sur la rambarde d'albâtre le petit lion de pierre se réveille. Il est encore pelotonné

de sommeil. Les pavés s'éclairent les uns après les autres jusqu'au puits qui s'empare

du décor pour en faire son théâtre. Il traverse le campiello de son pas feutré, le

restaurant commence déjà à s'affairer, des tâches importantes l'y attendent. Les arcades

enjambent la cour de leurs pattes de plus en plus grandes. Sur la plus haute, la belle

silhouette d'une jeune fille toute bouclée de brun se découpe sur le cadre élégant d'une

fenêtre venéto-gothique, elle se penche. " Mon beau Noil, tu es déjà là, viens donc me

rejoindre ! " Il lève les yeux, semble hésiter puis reprend sa marche hautaine. "Tant

pis pour toi, filou, tu le regrettras ! " La jeune Bianca descend de son pas leste le grand

escalier, mais son ami n'est plus là lorsqu'elle arrive en bas. Elle hausse les épaules et se

dirige vers le canal. Le campiello del Remer s'achève par une vue superbe sur le Canal

Grande. Bianca s'assoit au bord du petit ponton, au raz de l'eau et s'abandonne à la

contemplation. Des bateaux de plus en plus nombreux mêlent leurs sillages d'écume.

Ils se croisent en une chorégraphie aussi éphémère que savante. Des hommes debout

et fiers les conduisent, les yeux dans le lointain. Elle grave dans sa tête la silhouette

inconnue mais athlétique de l'un d'eux, de longs cheveux souples frémissent autour de

son profil avec lequel ils jouent à cache-cache. Sur le visage de Bianca, un sourire

émerge à son insu, le bateau rouge glisse longuement puis s'échappe dans un tournant.

Ses pensées s'accrochent en lambeaux autour de ses lèvres avant de s'effilocher dans la

brise légère. Devant elle la façade austère du tribunal se laisse caresser par la beauté

du matin. Plus loin, sur la gauche, le Rialto commence à ouvrir les yeux de ses boutiques.

Sur la droite la brillante Pescheria est courtisée de toutes parts par une flotille colorée.



Ses grands rideaux rouges retiennent encore le ballet que ses coulisses préparent.

De nombreux étals s'alignent à ses pieds faisant claquer leurs voiles protectrices devant

la face jaune vif d'une maison coincée entre deux palais. Bianca sent une présence

derrière elle. Sans vergogne, Noil se frotte à son dos. " Espèce de Don Juan de pacotille,

d'abord tu me snobes et maintenant te voilà tout caressant ! " Lui dit-elle, les yeux

froncés mais le sourire aux lèvres. " Allez, chenapan viens plutôt me raconter tes

frasques de cette nuit. J'ai entendu des cris et des soupirs sous mes fenêtres et j'ai

aussitôt pensé à toi. "


Il se contente de la regarder déployant tout le velours de ses yeux jaunes.



" Y a pas à dire tu sais te faire pardonner toi ! Viens là, tu l'auras ton câlin ! "



Tout autour d'eux la lumière poursuit son ascencion allumant un à un tous les reflets

de Venise. Les bruits de l'eau contre les murs rythment la pulsation de la ville et se

mêlent aux voix. A cette heure matinale, le Vénitien chante les premiers rôles. Noil

qui sait si bien lire les ondes musicales perçoit un bruit de casseroles éloquent, il se

détache de Bianca avec un dernier sourire. La jeune fille suit un moment sa démarche

sensuelle puis elle se relève à son tour. Elle doit prendre son service au restaurant

et elle met ses pas dans ceux de Noil. Une fois à l'intérieur elle se dirige vers les cuisines,

met son tablier et va rejoindre son père qui lit ses commandes sur son ordinateur

portable. La valse des livraisons bat bientôt son plein mais Noil lui, est déjà loin. (à suivre)





Marie-Sol Montes Soler

samedi 14 mai 2011

LE LIVRE DE L'ACQUA ALTA

En ce jour de décembre 2009 l'eau envahissait Venise une fois encore.
Les Vénitiens, prudents, avaient comme d'habitude anticipé la montée des eaux.
Mais cette fois-ci l'acqua avait dépassé les prévisions émises par le centre des marées.
Il y eut de nombreux dommages.
C'est à la librairie Acqua Alta, la bien nommée, que j'ai découvert ce vieil ouvrage qui sèchait, pitoyable, parmi d'autres livres dans un triste état.




Une subtile synergie des mauvais traitements infligés par le temps et l'eau avait façonné le livre. Son aspect témoignait d'un certain vécu mais aussi de l'ampleur de l'évènement qui avait touché la ville. Il était le symbole d'une réalité vénitienne où passé et présent se conjugent où beauté et désastre se côtoient.




Sur la tranche, le nom de l'auteur avait résisté à toutes ces épreuves et malgré les blessures, on pouvait encore deviner le titre du récit : Les Misérables.




Photos et texte©Cleia


Si vous voulez voir d'autres photos de Cleia



Moussipou un des chats heureux de de L'Acqua Alta...











Notre promenade s'achève, le jour décline...

Une petite halte à la librairie où j'aperçois Moussipou sur son balcon. Je la siffle, elle descend en s'aggripant à la treille qui orne la terrasse et vient me saluer. Puis elle miaule pour que je lui ouvre la porte de sa demeure.

Il y a de nombreuses heures que nous flânons maintenant. Un petit repos s'impose ainsi qu'une bonne tasse de thé pour se réchauffer.

Rectification ce sera un Spritz car j'ai rendez-vous avec Cleia qui vient d'arriver à son tour à Venise.



Quelques heures plus tard...





















Quelques images de nuit de "mon" quartier...soyez indulgents, ce sont mes premières photos de nuit, appuyée contre le mur pour ne pas bouger, sans "matos ", ni expérience, mais la nuit était belle et le spritz aidant , j'ai pensé que j'en étais capable !!!

jeudi 12 mai 2011

Instants dérobés










Je vous avais promis que je la trouverai, la voici : Corte Botera, la Secrète...

Vous pouvez passer des dizaines de fois à côté, elle vous échappera si vous ne savez pas exactement où elle se cache ! Et puis il faut un sésame, je l'ai eu. Mais ne comptez pas sur moi, j'ai avalé le papier et aussitôt lu, aussitôt passé aux oubliettes parce que "j'ai la mémoire qui flanche, j'me souviens plus très bien..."

Mais observez sur les images 3 & 4, l'oeil du Maître, surveillance en direct, bon ça va, je peux ?

Juste derrière moi, une personne est entrée, alors vous avez peut-être retenu la porte et vous vous êtes infiltré(e)s sur mes pas, sans bruit.

Parfois on a la chance de croiser un facteur, c'est ce qui m'est arrivée dans Castello, j'ai pu pénétrer dans une cour, sur la pointe des pieds, invisible, il ne m'a même pas vue !

Mais cela ne marche pas à tous les coups, une autre fois, j'ai tenté le coup, sourire charmeur, battements des cils, naaann! rien à faire, j'ai juste entrevu sous son bras, dont la main

refermait fermement la porte, un si joli jardin.

Bon je le comprends, si j'avais la chance d'habiter dans un lieu protégé, sauvegardé, merveilleux comme il y en a à Venise, je n'aimerais pas voir sous mes fenêtres un Gugusse avec son appareil photo toutes les six secondes !!!