mardi 8 février 2011

GIARDINETTI REALI DANS LA BRUME

...Venise est toujours enveloppée d'une légère brume qui donne à penser que l'instant va s'éterniser et qu'il n'y aura jamais de lendemain. Il est difficile de s'intéresser aux affaires du monde, car les affaires concernent toujours l'avenir, alors qu'à Venise il n'y aura jamais d'avenir, tandis que le passé ne disparaîtra jamais. Mon souvenir du payasage urbain et des édifices est très vague et je ne me rappelle mal les vues et les panoramas. J'avais atteint un stade où je les remarquais à peine. Or, si je n'étais pas sensible - consciemment, en tout cas - à la beauté des plus grandes oeuvres d'art et des plus beaux édifices du monde, l'effet d'ensemble était prodigieux, tout-puissant. On avait l'impression d'évoluer dans un autre univers, où tout était à sa place...Vieille femme assise sur une marche, palais, serveur disposant des tables, linge séchant sur une corde, embarcations voguant sur la lagune, îles brumeuses le matin, mouettes volant dans le ciel, tous ces éléments faisaient partie du tout, s'accordant parfaitement les uns aux autres et à mon humeur qui passait rapidement et sans à-coup du rêve à l'action.
Je devins vénitien cet après-midi là, alors que, un livre à la main, je me dirigeais vers un point précis de la Riva...
(La chute de John Stone, Iain Pears)


à ma conteuse préférée, joyeux anniversaire.

dimanche 6 février 2011

REFLETS DANS UNE POUSSIÈRE D'OR

"Le bonheur de demain n'existe pas. Le bonheur, c'est tout de suite ou jamais. Ce n'est pas organiser, enrichir, dorer, capitonner la vie, mais savoir la goûter à tout instant."
René Barjavel
à mon amie, pour son anniversaire, elle se reconnaîtra...
©catherine Hédouin

©Catherine Hédouin


©Catherine Hédouin

"Aucun indice, aucune nuance de l'immense chatoiement ne lui échappent, et certaines journées où la couleur est exquise il peut s'imaginer être au coeur du prisme merveilleux. "
Henry James


vendredi 4 février 2011

VENISE ET SA DOUCE REALITE...




photos ©Catherine Hédouin



...Oui, et je tiens à le bien établir, mon amour pour Venise fut toujours un amour sain et simple, un amour familier, exempt aussi de romantisme, réaliste si l'on peut dire et fait de convenance à la fois spontanées et réfléchies. Venise me plaît infiniment. J'aime son climat, sa couleur, sa lumière. Le genre de vie qu'elle permet et qu'elle impose s'adapte à mes goûts. J'y jouis d'un bien être particulier au milieu des choses qui occupent agréablement mes yeux et mes pensées. Nulle part, mes journées ne s'écoulent avec une plus douce facilité et la solitude même y est sans amertune. Nul lieu au monde où l'on s'appartienne mieux à soi-même et où l'on se supporte avec moins d'ennui. Ce genre de satisfaction que me donne Venise m'explique pourquoi j'y ai fait peu de connaissances, ce qui me fut facile, n'étant pas de ceux dont la présence sollicite la curiosité. D'ailleurs, j'ai toujours évité de me trouver à Venise à l'époque où elle devient le rendez-vous à la mode et où les belles mondaines, les snobs désoeuvrés et les esthètes prétentieux tiennent leurs assises sur la place Saint-Marc avec le sentiment d'accomplir un rite de haute élégance, de suprême chic et de raffinement inouï.

Sur ce point encore, je me permets d'insister. Jamais je ne me suis cru obligé de vivre à Venise "autrement" qu'ailleurs, dans une exaltation particulière et dans un état d'esprit inaccoutumé. Jamais je ne m'y suis attendu à des impressions exceptionnelles. Venise ne fut jamais pour moi la "Ville du Rêve" (bien qu'à écrire ces mots je ressente une hésitation que l'on comprendra mieux par la suite) ; au contraire, je ne lui demandais rien de plus que sa charmante, son originale, sa douce réalité. Qu'on y descendit de wagon pour monter en gondole me paraissait tout naturel et ne me suggérait aucun étonnement. La gondole me semblait un véhicule comme un autre. J'étais insensible à son prestige de romance, mais j'appréciais l'élégance marine de sa forme, ses qualités nautiques, tout en lui préférant de beaucoup la promenade à pied parmi le dédale des "calli". En un mot, le fait d'être à Venise ne me conférait à mes propres yeux aucune dignité spéciale. Je n'en concevais ni orgueil, ni vanité. Venise me plaisait ; je l'aimais ; je subissais avec joie son charme et son prestige, mais je n'en attendais que ce qu'elle donne à chacun. Je ne suis pas de ceux que Venise a ensorcelés par avance et au doigt de qui elle a passé son anneau magique, et je ne me suis jamais drapé dans le manteau du romantisme vénitien...
L'entrevue (tirée des contes vénitiens) Henri de Régnier (à Mme Henri Farge)

jeudi 3 février 2011

MIROIR, MIROIR VENITIEN....QUI EST LA PLUS BELLE ?

©Catherine Hédouin

©Catherine Hédouin

" L'eau du ciel se confondant avec celle des canaux, le monde est une éponge de pierre dont les alvéoles étroites et ruisselantes sont à peine des rues quand le vent se met de la partie.
Mais alors tout l'artificiel de Venise disparaît." Aragon

PEINTURES VENITIENNES

Ce tableau est de CARABAIN Jacques 1834-1933
San Giorgio dei Greici [1900]
estimation 18000/24000€
Ventes aux enchères le 26/02/2011 en Belgique chez De Vuyst Lokeron



Toile de Brombo Angelo (1893-1962 Italie)
gondolier à Venise
estimation 2500/3500€
ventes aux enchères en Belgique le 26/02/2011
De Vuyst Lokeron

mercredi 2 février 2011

UNE JOURNEE D'HIVER VENITIEN

La Belle semble encore endormie... je suis heureuse de la retrouver !
Pour Catherine, Françoise et Claudie...
©Catherine Hédouin

... À mesure que monte le soleil, les maisons sont prises dans la dureté de l'air comme des blocs d'ambre. Mais passé cette heure du début du jour, où, comme au crépuscule, Venise semble se ramasser en une solidité compacte, les bâtisses sont de nouveau réduites à de transparentes surfaces ; au soleil, délicatement teintées de rose et de jaune. C'est un imperceptible brouillard qui leur donne ce lisse tissu : mais l'air est si vitreux, le ciel si intact qu'on ne s'en aperçoit pas, sauf quand un rayon, pénétrant de biais l'ombre, révèle ces fines vapeurs en les transformant en poussière lumineuse. Les minces traits blancs forment comme une trame de lin très pur, qui, dans l'ombre, empêche ces pans transparents de se dissoudre.[Liliana Magrini, carnet vénitien]

mercredi 26 janvier 2011

JUSTE POUR LE PLAISIR


photo©Cleia

Il y a des amoureux de Venise qui toujours reviennent à ses motifs, comme une obsession heureuse, comme s'ils savaient que là se tient peut-être le secret du monde, qu'à tout le moins là est retenue la plus belle des lumières, la réverbération d'un lieu perdu, très ancien, d'avant les sociétés et les villes. [A.Vircondelet]

Je vous abandonne quelques jours...non je ne suis pas à Venise. A presto !

mardi 25 janvier 2011

RENDEZ-VOUS AU PONTE DEI BARETERI

photographies ©www.davidecapelli.com

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Un petit rappel...
Valérie Bettencourt vous donne rendez-vous avec Sombre Lagune
samedi 29 janvier 2011 à 20 heures 30,
près du joli Ponte dei Bareteri,
Casino Venier
San Marco 4939
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Toutes les photos du montage sont de Davide Capelli
à voir également à l'Alliance Française Casino Venier
Mostra "Profumo Veneziano" jusqu'au 31 janvier 2011
ou sur son site
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Il y a encore cette atmosphère de Venise, cette leçon de vie et ce besoin de sacré qu'elle offre à qui sait les reconnaître. Car Venise est d'abord un don, une grâce. Un peintre un écrivain, y trouvent toujours de quoi occuper sa toile et sa page. Venise est un grand livre ouvert qui livre et délivre. [A.Vircondelet]
Ponte dei Batereri ©Catherine Hédouin

lundi 24 janvier 2011

VENISE, AVEC TENDRESSE...

©VenetiaMicio
©VenetiaMicio

Venise stimule au plus haut degré cette boulimie de créer, de ramener des images : tant et tant de peintres et de photographes, tant et tant d'écrivains et de poètes l'ont reproduite et décrite sans jamais l'user ni effacer son charme. Sortilèges d'une ville qui se renouvelle et réinjecte en elle des forces vitales inouïes, pour que l'oeil de l'artiste puisse s'y laver sans être alourdi de celui des autres peintres et des autres poètes ! Il faut pour cela acquérir la même humilité que celle de Venise. S'y rendre sans impudence ni esprit de conquête, mais en s'y imprégnant lentement en s'y coulant avec tendresse.
Alain Vircondelet-Venise ou l'innocence retrouvée.

dimanche 23 janvier 2011

UN BON DIMANCHE TOUT EN DOUCEUR...

©Catherine Hédouin

©Catherine Hédouin

©Catherine Hédouin

" Le simple usage des yeux est un bonheur suffisant à Venise et les observateurs généreux trouvent difficile de tenir le compte de leurs gains sur cette ligne...Le danger est de ne pas s'y attarder suffisamment ".
Henry James (Vacances Romaines)
et merci à Françoise pour son aide en jolies phrases qu'elle ne manque jamais de noter dans ses commentaires...VenetiaMicio, lieu de partages.